Chaque automne, quand les températures baissent, rats et souris quittent l’extérieur pour trouver dans les habitations trois choses : la chaleur, la nourriture et un abri. Leur capacité d’infiltration est redoutable : une souris passe par un trou de 6 mm (le diamètre d’un crayon), un rat par une ouverture de 2 cm. La seule solution durable n’est pas de piéger, mais de fermer tous les accès, y compris ceux que l’on oublie systématiquement : les canalisations, par lesquelles un rat peut littéralement remonter jusqu’aux toilettes. Voici pourquoi ils entrent maintenant, par où, et comment les en empêcher.
L’essentiel en bref :
- Pourquoi l’automne : la baisse des températures pousse les rongeurs à chercher chaleur et nourriture à l’intérieur.
- Par où : une souris passe par 6 mm, un rat par 2 cm. Bas de portes, gaines, aérations, fissures, toiture, et surtout canalisations.
- La méthode qui marche : l’exclusion, c’est-à-dire boucher durablement tous les points d’entrée avec des matériaux durs (laine d’acier, grillage métallique, mortier).
- Ce qui ne marche pas : la mousse expansive et le plastique seuls, que les rongeurs rongent en quelques heures.
- Pourquoi agir vite : la reproduction est explosive et les rongeurs transmettent de nombreuses maladies (leptospirose, salmonellose).
Pourquoi les rongeurs entrent-ils en automne ?
Le déclencheur est le froid. Tant qu’il fait doux, rats et souris trouvent dehors de quoi vivre. Dès que les températures chutent, ils cherchent un environnement stable, et nos logements offrent exactement ce qu’ils recherchent :
- la chaleur d’un intérieur chauffé,
- la nourriture (restes, poubelles, stockage mal protégé),
- un abri sûr pour nicher (caves, greniers, murs creux, vides sanitaires).
L’automne est donc la saison charnière : c’est le moment où un logement vulnérable se fait coloniser. Repérer les signes tôt change tout. Pour reconnaître une présence installée (bruits nocturnes, crottes, câbles rongés), voyez notre guide comment savoir si votre maison est infestée de rats.
Par où entrent-ils ? Le moindre trou compte
Les rongeurs sont d’incroyables contorsionnistes. Les diamètres à retenir :
- une souris se faufile par 6 mm, soit le diamètre d’un crayon,
- un rat passe par 2 cm (20 mm), la taille d’un pouce.
La règle de terrain : si la lumière passe sous une porte, une souris passe aussi. Ce ne sont pas de gros trous qu’il faut chercher, mais des fentes. Les points sensibles, dans l’ordre :
- les bas de portes et seuils mal ajustés (entrée, garage, cave),
- les passages de gaines, tuyaux et câbles qui traversent murs et planchers, notamment sous les éviers (le jeu autour du tuyau est une autoroute),
- les grilles d’aération et soupiraux, souvent à maille trop large,
- les fissures dans les murs, plinthes et autour des fenêtres,
- la toiture, les combles et les gouttières, par où grimpe le rat noir,
- le vide sanitaire et la cave, voies du surmulot.
Indice utile : des traces de gras sombres autour d’un trou signalent un passage régulièrement emprunté.
L’entrée qu’on oublie toujours : les canalisations
C’est le point aveugle de la plupart des conseils anti-rongeurs, et c’est pourtant l’une des voies les plus fréquentes en zone urbaine. Le surmulot, ou rat d’égout, vit dans le réseau d’assainissement : il y trouve eau, nourriture et sécurité, et profite du moindre défaut (branchement défectueux, canalisation fissurée, réseau vétuste) pour remonter à la surface. Dans les immeubles, il remonte les colonnes de chute.
Trois points de vulnérabilité de votre plomberie :
- Les WC, notamment au rez-de-chaussée. En l’absence de clapet anti-retour (ou s’il est bloqué), un rat peut physiquement remonter par la cuvette.
- Les siphons asséchés. Une douche ou un évier peu utilisés, une absence prolongée : l’eau du siphon s’évapore, la barrière disparaît, et la voie s’ouvre (aux rongeurs comme aux mauvaises odeurs).
- Les regards et tampons de visite mal scellés. Dans le jardin ou la cave, un tampon légèrement décalé suffit à laisser passer une colonie.
Les parades relèvent de l’assainissement autant que de la dératisation : installer un clapet anti-retour sur l’évacuation vers l’égout, remplacer les grilles plastiques par des grilles métalliques à maille fine (inférieure à 6 mm), et faire réaliser une inspection caméra des canalisations pour localiser un éventuel défaut d’étanchéité. C’est précisément à la croisée de ces deux métiers qu’Hygelys intervient.
Pourquoi il faut agir vite
Deux raisons rendent l’attentisme risqué.
La reproduction est explosive. Une souris atteint sa maturité sexuelle en cinq semaines environ et peut donner plusieurs portées par an, de 5 à 12 petits chacune. Chez le rat, la gestation ne dure que 22 à 24 jours. Un individu aperçu est rarement seul : une colonie s’installe vite.
Les risques sont réels. Selon l’OMS, les rongeurs sont vecteurs de plus de 45 maladies. Les plus connues en France sont la leptospirose (la « maladie du rat », transmise par l’urine) et la salmonellose. À cela s’ajoutent les dégâts matériels : les dents des rongeurs poussent en continu, ce qui les pousse à ronger bois, isolants et câbles électriques, avec un risque d’incendie à la clé.
Comment bloquer les accès : la méthode qui marche
Les professionnels appellent cela l’exclusion (ou ratproofing) : boucher durablement tous les points d’entrée. C’est l’étape la plus rentable, car piéger sans fermer les accès revient à éponger une fuite sans fermer le robinet.
Les matériaux qui résistent : laine d’acier, grillage métallique à maille fine, ciment, mortier, tôle. La laine d’acier est particulièrement efficace : ses fibres métalliques blessent les gencives des rongeurs, qui ne peuvent pas la ronger.
Les gestes, point par point :
- Poser un bas de porte métallique sur les portes où la lumière passe.
- Colmater les passages de tuyaux et câbles à la laine d’acier + mortier (jamais la mousse seule).
- Remplacer les grilles d’aération par des grilles métalliques à maille inférieure à 6 mm.
- Reboucher les fissures des murs, plinthes et pourtours de fenêtres.
- Sécuriser combles, toiture et vide sanitaire.
- Traiter le volet canalisations : clapet anti-retour, regards bien scellés, siphons remplis.
Et supprimer ce qui attire : stocker la nourriture dans des contenants hermétiques, fermer les poubelles, éliminer l’eau stagnante et les fuites.
Ce qui ne marche pas (et fait perdre du temps)
- La mousse expansive ou le plastique seuls : les rongeurs les rongent en quelques heures.
- Les seuls répulsifs à ultrasons : leur efficacité est variable et ne règle pas une infestation installée.
- Piéger sans boucler les accès : vous éliminez les rongeurs présents, mais d’autres reviendront par les mêmes passages.
Questions fréquentes
Pourquoi les rongeurs entrent-ils dans les maisons en automne ? Parce que la baisse des températures les pousse à chercher chaleur, nourriture et abri à l’intérieur. L’automne est la saison où un logement vulnérable se fait coloniser.
Par quel trou une souris peut-elle passer ? Une souris se faufile par une ouverture d’environ 6 mm, soit le diamètre d’un crayon. Un rat passe par une ouverture de 2 cm.
Un rat peut-il remonter par les toilettes ? Oui. Le rat d’égout vit dans le réseau d’assainissement et peut remonter les canalisations, notamment vers les WC du rez-de-chaussée en l’absence de clapet anti-retour.
Comment empêcher durablement les rongeurs d’entrer ? Par l’exclusion : boucher tous les accès avec des matériaux durs (laine d’acier, grillage métallique, mortier), poser des bas de portes métalliques, protéger les aérations et traiter la voie des canalisations. Supprimer aussi les sources de nourriture et d’eau.
La mousse expansive suffit-elle à boucher un trou de souris ? Non. Les rongeurs rongent la mousse expansive et le plastique en quelques heures. Il faut de la laine d’acier associée à du mortier.
Quelles maladies transmettent les rongeurs ? Selon l’OMS, ils sont vecteurs de plus de 45 maladies. Les plus connues en France sont la leptospirose (« maladie du rat ») et la salmonellose.

